En Inde, le travail domestique entre dans l’ère des plateformes. Il est désormais possible de faire venir rapidement une aide ménagère via une application, avec des services organisés autour du temps passé, du suivi des prestations et des évaluations laissées par les clients. Cette numérisation change en profondeur un secteur longtemps informel.

Pour de nombreuses femmes, ce modèle peut représenter une opportunité. La mise en relation directe avec les clients, la promesse de revenus plus réguliers et une forme d’autonomie professionnelle donnent à ces plateformes une image de modernisation sociale. Le numérique est présenté comme un moyen de mieux valoriser un travail souvent invisible.

Mais cette évolution suscite aussi de fortes inquiétudes. Le chronométrage des tâches, la pression des notes et la dépendance à l’algorithme peuvent fragiliser des travailleuses déjà exposées à des rapports de force déséquilibrés. Derrière la simplicité de l’écran, la question centrale reste celle de la protection réelle de celles qui effectuent ces services.

Le débat dépasse donc la seule innovation technologique. En Inde, l’ubérisation du travail domestique met face à face deux réalités : d’un côté, l’accès à de nouvelles opportunités économiques pour les femmes ; de l’autre, la crainte que la flexibilité vantée par les plateformes s’accompagne d’un manque de garanties contre les abus et la précarité.