Depuis des années, l’alimentation de Néandertal intrigue les chercheurs. Les analyses chimiques menées sur le collagène de ses os, notamment à partir des isotopes d’azote, le placent souvent très haut dans la chaîne alimentaire, au point de le faire apparaître comme un grand consommateur de viande.

Le problème, c’est que ces résultats semblent parfois aller trop loin. Pris au pied de la lettre, ils décrivent un régime si riche en viande qu’il paraît difficile à concilier avec ce que le corps humain peut supporter sur la durée. Ce décalage a nourri une véritable énigme autour du menu réel des Néandertaliens.

Une nouvelle étude revient sur cette contradiction apparente. Son intérêt est de réexaminer la manière dont les signatures isotopiques sont interprétées, plutôt que de considérer automatiquement que des taux élevés d’azote signifient une consommation massive de viande et rien d’autre.

En clair, l’image d’un Néandertal exclusivement carnivore pourrait être trop simpliste. Les chercheurs cherchent à mieux comprendre ce que racontent vraiment les os et à déterminer si d’autres mécanismes peuvent expliquer ces indices chimiques. Cette approche relance le débat sur le régime alimentaire de Néandertal, sans remettre en cause le fait qu’il occupait vraisemblablement une place élevée parmi les prédateurs de son environnement.