En mai 2025, quatre ministres ont plaidé auprès de l'Élysée et de Matignon pour lancer le second marché carbone, selon un courrier révélé par POLITICO. Leur but était d'obtenir rapidement de nouvelles recettes afin de soutenir la décarbonation. Emmanuel Macron et François Bayrou ont finalement écarté cette option.

Le projet visait notamment des secteurs sensibles pour les ménages, comme l'automobile et les bâtiments. Pour les automobilistes, les ministres proposaient de compenser l'effet sur le prix à la pompe par une baisse équivalente des taxes, ce qui aurait obligé l'État à revoir régulièrement cette fiscalité. Le courrier abordait aussi le cas des bâtiments, mais les éléments disponibles n'en détaillent pas davantage le mécanisme.

Ce refus illustre la prudence de l'exécutif face à un outil climatique potentiellement rentable, mais politiquement risqué. Toute extension du marché carbone touche en effet des dépenses du quotidien, avec un impact direct ou perçu sur le pouvoir d'achat.

L'épisode met en lumière le dilemme du gouvernement : trouver des financements pour accélérer la transition climatique sans rallumer la contestation sur les prix de l'énergie et des carburants. Même avec des compensations fiscales, le second marché carbone reste un sujet particulièrement sensible en France.