Orange, SFR et Bouygues Telecom portent à Bruxelles un message très clair sur le blocage IPTV et les mesures anti-piratage. Les opérateurs estiment que lorsque ces dispositifs visent mal leur cible et perturbent des services légitimes, la facture ne doit pas leur revenir. Ils demandent donc que les ayants droit assument les conséquences financières des erreurs de blocage.

Le sujet s’appuie sur des incidents marquants. L’an dernier, Google Drive a été rendu inaccessible pendant près de 12 heures à cause d’un mécanisme censé bloquer des flux de streaming pirates. Dans le même temps, des milliers de sites et services légitimes auraient aussi été affectés, illustrant les dégâts collatéraux possibles de ce type d’intervention technique.

Pour les opérateurs, ces blocages anti-piratage posent un problème de responsabilité. Ils défendent l’idée que leur rôle ne doit pas être de supporter seuls les effets d’une décision ou d’un dispositif qui finit par toucher des plateformes sans lien avec le piratage. En toile de fond, le débat porte autant sur l’efficacité du blocage IPTV que sur la manière de réparer les erreurs lorsqu’elles surviennent.

Cette prise de position à Bruxelles relance donc la question de l’équilibre entre lutte contre le streaming pirate et protection des services en ligne légitimes. Les opérateurs veulent éviter que des actions menées au nom de l’anti-piratage entraînent des coupures massives ou des préjudices pour des acteurs qui n’étaient pas visés au départ.