La mer d’Aral, asséchée depuis les années 1960, apparaît aujourd’hui comme bien plus qu’un désastre écologique régional. D’après une étude publiée dans la revue Science, les sédiments laissés à nu par le recul des eaux rejettent du carbone dans l’atmosphère depuis environ six décennies, au point d’avoir déjà libéré 748 mégatonnes de CO2.
Ce résultat met en avant un phénomène resté largement invisible dans les bilans climatiques. L’idée centrale est que l’assèchement d’un grand plan d’eau ne provoque pas seulement des dégâts sur les écosystèmes, l’agriculture ou la santé locale : il peut aussi transformer les fonds exposés en source durable d’émissions de carbone.
Les chercheurs montrent ainsi que la catastrophe de la mer d’Aral a une dimension climatique sous-estimée. Alors que ce territoire est souvent cité comme symbole des effets de la mauvaise gestion de l’eau, l’étude ajoute un nouvel angle de lecture : les surfaces asséchées continuent d’agir sur l’atmosphère longtemps après la disparition d’une grande partie de la mer.
Le travail scientifique suggère aussi qu’une remise en eau partielle pourrait contribuer à réduire ce phénomène. Autrement dit, restaurer au moins une partie des zones humides et aquatiques ne relèverait pas seulement de la réparation écologique, mais pourrait aussi limiter une source d’émissions de CO2 jusqu’ici peu prise en compte.