En France, le prix unique du livre impose depuis 1981 que chaque ouvrage soit vendu au tarif fixé par l’éditeur, quel que soit le distributeur. Librairies, grandes enseignes culturelles et plateformes comme Amazon sont donc soumises à la même règle sur le prix affiché au lecteur.
Cette mesure ne relève pas seulement d’une question commerciale. Elle cherche aussi à éviter qu’une guerre des prix ne déséquilibre tout le secteur du livre. Derrière ce mécanisme, l’enjeu est de préserver une offre éditoriale variée, souvent résumée par le terme de bibliodiversité.
Le débat soulevé autour d’Amazon porte sur un autre levier : sa position dominante dans la vente en ligne. Même sans pouvoir casser librement les prix des livres, un acteur aussi puissant peut peser sur l’ensemble de la chaîne, de la mise en avant des titres jusqu’aux conditions de distribution. Cette influence peut favoriser les ouvrages les plus visibles ou les plus rentables au détriment d’une diversité plus fragile.
Au-delà du seul cas d’Amazon, cette question renvoie à l’équilibre du marché du livre. Le prix unique apparaît alors comme une protection partielle : il encadre le tarif final, mais ne supprime pas les effets de domination liés à la taille, à la logistique et à la puissance commerciale de la vente en ligne.