Dans les Pyrénées-Orientales, le pâturage contre les incendies s’impose de nouveau comme une piste sérieuse pour limiter les risques. Chevaux, chèvres et moutons peuvent contribuer à entretenir la végétation, réduire la masse combustible et freiner l’extension des feux, en particulier à proximité des secteurs habités.
La préfecture appelle ainsi la filière pastorale à jouer un rôle plus important dans la protection des zones d’habitation. L’idée est de remettre des animaux sur des espaces aujourd’hui peu entretenus, afin de rouvrir des terrains et de mieux gérer les interfaces entre espaces naturels et lieux de vie.
Mais cette stratégie suppose une filière plus solide et mieux organisée. Après des années de déprise agricole, de nombreuses friches se sont installées, rendant plus difficile le retour d’une activité pastorale structurée. Pour réinvestir durablement ces parcelles, il faut pouvoir coordonner les éleveurs, l’accès au foncier et les besoins de prévention des incendies.
Au-delà de la lutte immédiate contre le feu, le pastoralisme apparaît donc comme un outil d’aménagement du territoire. Dans un département exposé aux incendies, le défi consiste à transformer cette solution locale en réponse durable, capable de combiner entretien des paysages, activité agricole et sécurité des habitants.