Une étude récente remet en lumière un épisode marquant de l’histoire chinoise : la campagne menée en 1958 contre les moineaux, accusés de réduire les récoltes. Présentée à l’époque comme une mesure utile pour protéger l’agriculture, cette politique aurait au contraire contribué à aggraver la Grande Famine qui a frappé la Chine entre 1959 et 1961.
Le mécanisme évoqué est celui d’un déséquilibre écologique. En s’attaquant massivement à un oiseau considéré comme nuisible, les autorités et la population mobilisée auraient perturbé la chaîne naturelle de régulation. Sans ces prédateurs, certains ravageurs des cultures auraient pu proliférer davantage, ce qui aurait accentué les pertes agricoles au lieu de les limiter.
Le cas de l’éradication des moineaux en Chine est souvent cité comme un exemple de décision apparemment rationnelle aux conséquences imprévues. L’idée de défendre les récoltes semblait simple, mais elle négligeait le rôle écologique joué par une espèce ordinaire dans l’équilibre des champs et des écosystèmes ruraux.
Cette nouvelle analyse donne un poids supplémentaire à l’idée que la Grande Famine chinoise ne peut pas être comprise uniquement à travers les choix économiques ou politiques. Elle rappelle aussi que des interventions humaines massives sur la nature peuvent produire des effets en cascade, avec un coût humain immense lorsque l’agriculture se retrouve fragilisée.