L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans doit entrer en vigueur dès la prochaine rentrée. Présentée comme une mesure forte de fin de quinquennat par Emmanuel Macron, elle vise directement les grandes plateformes comme Instagram ou TikTok et marque un tournant dans l’encadrement de l’accès des mineurs aux services numériques.

Mais une telle interdiction pose immédiatement la question de son application. Pour empêcher réellement les moins de 15 ans de se connecter, il ne suffira pas d’afficher une règle sur les plateformes : il faudra vérifier l’âge des utilisateurs. En pratique, cela signifie que le contrôle ne concernera pas seulement les mineurs, mais potentiellement l’ensemble des internautes.

Ce choix d’une coupure nette soulève donc des enjeux bien plus larges que la seule protection des adolescents. Derrière la promesse politique, se profilent des dispositifs de vérification d’âge plus systématiques, avec des interrogations sur la protection des données personnelles, la vie privée et la faisabilité technique pour les plateformes comme pour les usagers.

La mesure apparaît ainsi à la fois comme un signal politique fort et comme un défi opérationnel majeur. En voulant interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, l’exécutif ouvre un débat sensible sur la manière de contrôler l’accès à Internet sans étendre la surveillance numérique à tous.