Pour sa « remontada de fête nationale », l’Été Mosan proposait un programme original avec le Pavillon de Musique, construit autour d’un face-à-face entre Antonio Vivaldi et Henri-Jacques de Croes. L’idée consistait à faire dialoguer, presque en alternance, un concerto italien et un concerto belge, dans un jeu de comparaison assumé.
Sur le papier, cette confrontation avait tout pour attirer l’attention, tant elle mettait en regard deux écritures issues du même univers baroque, mais de poids historique très différent. Le fil du concert reposait justement sur cette succession d’œuvres, comme une superposition de saveurs musicales où chaque page répondait à la précédente.
D’après le compte rendu évoqué, la comparaison tourne toutefois nettement à l’avantage de Vivaldi. La musique de De Croes, pourtant portée par le prestige de son passé à la cour de Bruxelles, semble moins marquante face à l’élan, à l’invention et à l’efficacité du compositeur italien. Ce contraste devient même le principal enjeu artistique de la soirée.
Ce programme de l’Été Mosan apparaît ainsi comme une proposition à la fois patrimoniale et critique : célébrer une page belge de l’histoire musicale tout en la mesurant à une référence incontournable du baroque européen. Une affiche de fête nationale intéressante par son concept, mais dominée, selon cette lecture, par l’évidence du modèle vivaldien.