Le développement du nucléaire de quatrième génération en France doit, selon Kevin Brookes et Timothée Boutelout, changer d'échelle. Leur idée centrale est que l'État ne peut pas rester le seul moteur de cette filière s'il veut aller plus vite, et qu'il aurait intérêt à ouvrir plus largement le terrain aux acteurs privés.

Les auteurs défendent un repositionnement de la puissance publique : plutôt que de tout porter directement, l'État fixerait le cap, organiserait le cadre et laisserait davantage d'espace à l'initiative industrielle. Cette approche viserait à accélérer la recherche, la mise au point des technologies et la structuration d'un écosystème capable de faire émerger plus rapidement des projets concrets.

Pour illustrer cette logique, ils renvoient à une décision annoncée en 2010 à Cap Canaveral par Barack Obama : l'État fédéral n'achèterait plus des lanceurs, mais des services de lancement au secteur privé. La comparaison sert à montrer qu'un État stratège peut soutenir une filière en créant les bonnes conditions de marché, sans forcément conserver seul la maîtrise opérationnelle de chaque étape.

Dans le cas français, cette vision repose sur un partage des rôles plus net. Au public reviendraient l'orientation, la sûreté et la visibilité de long terme ; au privé, une part plus importante de l'innovation, de l'exécution et de la prise de risque. Pour les partisans de cette ligne, c'est un levier possible pour donner un nouvel élan au nucléaire de quatrième génération.