À la Foire de Libramont, l’ambiance festive contraste avec le malaise exprimé par de nombreux agriculteurs. Parmi les éleveurs de bovins interrogés, le constat revient sans cesse: l’activité devient de plus en plus difficile à faire vivre, alors que les charges continuent de grimper.
Le point le plus sensible concerne le décalage entre les coûts réels de production et le prix de vente de la viande. Plusieurs témoignages convergent vers la même idée: si toutes les dépenses étaient réellement prises en compte, le métier paraîtrait encore moins viable. La hausse des intrants pèse lourdement sur les exploitations, dans un contexte qui touche aussi les productions de viande et de lait.
Pour autant, relever les prix n’apparaît pas comme une solution simple. Les éleveurs reconnaissent qu’ils auraient besoin de vendre plus cher, mais ils redoutent aussi de ne plus trouver preneur si les tarifs augmentent trop. Cette crainte alimente un sentiment d’impasse économique, entre nécessité de couvrir les coûts et peur de perdre des débouchés.
À Libramont, ces prises de parole traduisent surtout une inquiétude profonde sur l’avenir du secteur. Derrière les échanges de la foire, c’est la question de la rentabilité de l’élevage bovin qui ressort, avec des professionnels partagés entre attachement au métier et difficulté croissante à en vivre correctement.