La consommation d’alcool, de tabac et de cannabis chez les adolescents semble globalement reculer, mais la réalité est plus nuancée qu’un simple désintérêt des jeunes pour les drogues. Le mouvement est particulièrement visible pour le tabac, dont l’usage baisse plus nettement chez les plus jeunes.

Cette évolution s’explique notamment par un changement des représentations autour de ces produits et par les politiques de prévention menées depuis plusieurs années. Le tabac apparaît ainsi moins banal qu’auparavant, ce qui contribue à faire diminuer son attractivité à l’adolescence.

Pour autant, cette baisse globale ne signifie pas que toutes les catégories de jeunes sont concernées de la même manière. Le recul des consommations s’accompagne d’un accroissement des inégalités, avec des écarts plus marqués selon les milieux et les trajectoires sociales. Autrement dit, la tendance générale masque des situations plus fragiles pour certains groupes.

De nouvelles pratiques compliquent aussi le tableau, comme le « binge drinking », qui montre que les usages évoluent plutôt qu’ils ne disparaissent totalement. Au final, si les adolescents semblent moins consommer certains produits qu’avant, la question des drogues reste un enjeu de santé publique, désormais marqué à la fois par des transformations des usages et par des disparités croissantes.