Diffusé dimanche à 21h sur Arte, « Fame » revient comme bien plus qu’un simple film musical culte. Souvent retenu pour son énergie, sa jeunesse et son amour de la scène, le long métrage apparaît aussi, avec le recul, comme une œuvre qui mettait déjà en lumière des rapports de pouvoir toxiques et plusieurs formes de violence.
À travers son portrait d’apprentis artistes, le film montre l’envers d’un milieu idéalisé. La description évoque notamment des réalisateurs prédateurs, des violences au sein de la famille et l’homophobie, autant de réalités qui résonnent fortement aujourd’hui. Cette lecture fait écho aux débats ouverts par #MeToo, en soulignant que certains abus étaient déjà visibles à l’écran, bien avant d’être massivement nommés dans l’espace public.
C’est ce contraste qui nourrit la force durable de « Fame ». D’un côté, une célébration de la jeunesse, de l’ambition et des arts vivants ; de l’autre, une vision moins lisse d’une époque marquée par des discriminations et des comportements prédateurs. Cette double dimension explique pourquoi le film continue d’être redécouvert au-delà de sa bande-son et de ses scènes de danse.
Revoir « Fame » aujourd’hui, c’est donc retrouver un classique populaire tout en observant ce qu’il disait déjà sur les dérives du monde artistique et social. Sa rediffusion sur Arte remet en avant une œuvre générationnelle dont la modernité tient aussi à sa capacité à exposer les failles de son temps.