En Inde, la génération Z exprime à son tour une profonde exaspération face à l’injustice sociale et à la corruption. Ce mouvement de colère s’inscrit dans une dynamique plus large déjà observée dans plusieurs pays, notamment au Népal, à Madagascar, au Pérou ou au Maroc, où de nombreux jeunes disent ne plus se reconnaître dans les réponses apportées par les pouvoirs en place.

Ce qui distingue cette séquence, c’est aussi l’usage d’outils numériques que les plus jeunes maîtrisent souvent mieux que leurs aînés. Réseaux sociaux, formats courts et diffusion rapide des messages leur permettent de rendre leur ras-le-bol plus visible, de fédérer des mécontentements dispersés et de contourner les canaux classiques de représentation.

Au-delà des contextes nationaux, cette contestation renvoie à un malaise générationnel plus vaste. Les frustrations liées au sentiment d’injustice, au manque de perspectives et à la défiance envers les élites se retrouvent d’un pays à l’autre, même si leurs causes immédiates ne sont pas identiques. L’instabilité qui en découle ne peut donc pas être réduite à un seul facteur local.

Face à cette montée de la colère, les autorités apparaissent souvent démunies. Le phénomène met en lumière l’écart entre une jeunesse connectée, mobile et impatiente, et des systèmes politiques ou institutionnels jugés incapables de répondre à ses attentes les plus urgentes.