Le collectif Némésis est de nouveau au cœur d’une polémique sur l’usage des chiffres liés à l’insécurité. En cause, des publications diffusées sur Instagram, notamment par une militante du mouvement, qui s’appuient sur un classement plaçant la France au 99e rang pour illustrer une situation sécuritaire jugée alarmante.
L’analyse du sujet met en avant un problème classique dans les débats publics: un chiffre isolé peut sembler frappant, mais il ne dit pas grand-chose sans contexte sur sa source, sa méthodologie et ce qu’il mesure réellement. Un rang international présenté comme une preuve directe de l’état de l’insécurité en France peut ainsi être trompeur si les critères de comparaison ne sont pas clairement expliqués.
Le point central n’est donc pas seulement le chiffre lui-même, mais la manière dont il est utilisé dans un discours militant. Lorsque des statistiques circulent sur les réseaux sociaux, elles peuvent donner une impression de solidité alors qu’elles reposent parfois sur des indicateurs incomplets, discutables ou difficilement comparables d’un pays à l’autre.
Cette nouvelle controverse relance le débat sur la circulation des données autour de la sécurité, de la justice et des questions sociales. Elle montre aussi combien les classements internationaux peuvent être détournés dans l’espace politique français pour appuyer un récit, au risque de simplifier à l’excès une réalité plus complexe.