La visite de Bassirou Diomaye Faye à Bamako marque un signal politique fort. Peu après avoir pris la présidence de la Cedeao, le chef de l’État sénégalais a choisi le Mali pour son premier déplacement, un choix loin d’être anodin dans un contexte de tensions récentes entre l’organisation ouest-africaine et les pays de l’AES.

En se rendant auprès d’Assimi Goïta au palais de Koulouba, le président sénégalais semble vouloir privilégier une approche de dialogue. Les gestes affichés et la tonalité mesurée de la rencontre traduisent une volonté de réchauffer des relations devenues difficiles entre Bamako et les instances régionales.

Ce déplacement s’inscrit dans un moment de dégel progressif entre la Cedeao et les États de l’Alliance des États du Sahel. En choisissant Bamako comme première étape, Bassirou Diomaye Faye envoie le message qu’une reprise des échanges est possible, malgré les désaccords accumulés ces derniers mois.

Pour Dakar, ce rapprochement avec le Mali peut aussi refléter une ligne diplomatique plus pragmatique, centrée sur l’écoute et la recherche d’apaisement régional. Pour la Cedeao, cette séquence ouvre la voie à une relation moins conflictuelle avec les pays de l’AES, même si les équilibres restent fragiles.