Le dossier consacré au Tournai d’autrefois revient sur une réalité sociale longtemps tenue à l’écart : celle de la prostitution dans la ville au début des années 1940. Pour l’année 1942, trente-sept prostituées munies d’un carnet sanitaire sont mentionnées, signe d’un cadre de surveillance strict autour de cette activité.

Le récit met en lumière l’existence d’un univers séparé du reste de la société, à la fois toléré, encadré et mis à distance. Ces femmes apparaissent comme les figures officielles d’un milieu bien identifié, soumis à un contrôle rapproché, dans une époque où les normes sociales étaient particulièrement dures.

Le texte souligne aussi la dimension économique de cette situation. Il laisse entendre que nombre de jeunes femmes ou d’épouses glissent vers la prostitution faute de ressources suffisantes, dans un contexte où la précarité peut rapidement faire basculer des vies vers les marges.

À travers cet exemple local, c’est tout un pan discret de l’histoire sociale de Tournai qui réapparaît. L’article montre comment la pauvreté, la surveillance administrative et l’exclusion sociale ont pu coexister dans une ville où ce monde parallèle restait bien réel, malgré son invisibilité relative.