La mise en place de dépistages antidrogue dans les ministères relance le débat sur leur possible extension au monde du travail. Selon les éléments connus, des collaborateurs testés positifs par test salivaire ont été écartés, dans un contexte de durcissement de la politique antidrogue portée par l’exécutif.

Dans les entreprises, la situation n’est pas aussi simple qu’une généralisation des contrôles. Les dépistages de stupéfiants ne peuvent pas être pratiqués librement sur l’ensemble des salariés. En règle générale, ce type de contrôle doit répondre à un objectif précis, notamment en lien avec la sécurité, et s’inscrire dans un cadre clairement défini.

Autrement dit, la possibilité de recourir à un test dépend surtout des fonctions occupées et des risques associés au poste. Les emplois sensibles, où une altération de la vigilance peut avoir des conséquences importantes, sont plus susceptibles d’être concernés. À l’inverse, un dépistage systématique et indistinct de tous les salariés apparaît difficile à justifier.

Au-delà de l’enjeu de prévention, le sujet touche aussi au respect des libertés individuelles, à la protection de la vie privée et aux règles internes de l’entreprise. Entre impératif de sécurité et encadrement juridique strict, les contrôles antidrogue en entreprise restent donc possibles dans certains cas, mais certainement pas sans limites.