L’Union européenne a adopté, jeudi 23 juillet, un nouveau train de sanctions contre la Russie. Mais au lieu d’un durcissement net, ce paquet apparaît comme une version atténuée des ambitions initiales, signe des difficultés persistantes des Vingt-Sept à parler d’une seule voix sur les dossiers les plus sensibles.

L’épisode montre une nouvelle fois les limites de la politique étrangère européenne lorsqu’elle dépend de la règle de l’unanimité. Même lorsqu’un consensus politique semble à portée, chaque État membre conserve un pouvoir de blocage qui pousse à revoir les mesures à la baisse pour obtenir l’accord final.

Contrairement à ce que certains espéraient, la mise à l’écart de Viktor Orban, considéré comme proche de Moscou, n’a donc pas suffi à fluidifier les discussions. Les divergences entre capitales restent fortes dès lors qu’il s’agit d’accroître la pression sur Vladimir Poutine, et cela se traduit par des compromis plus prudents que prévu.

Au final, l’UE parvient bien à afficher une décision commune, mais au prix d’un texte moins offensif. Cette séquence confirme combien les mécanismes institutionnels européens pèsent sur la capacité du bloc à répondre rapidement et fermement à la Russie.