Le débat sur l’éventuel retour de l’acétamipride en France se cristallise autour d’une question simple en apparence : qui décidera ? Dans le cadre de la loi d’urgence agricole, la ministre de l’Agriculture met en avant un rôle accru de l’Anses, avec l’idée que l’expertise scientifique serait placée au centre de la décision.

Ce transfert vers l’agence sanitaire constitue bien une évolution institutionnelle réelle. Il suggère que l’évaluation et l’arbitrage sur une possible réintroduction de l’acétamipride reposeraient davantage sur une autorité scientifique que sur une décision ministérielle directe.

Mais cette présentation est contestée. Affirmer que « la science décide » revient, selon cette lecture critique, à donner l’image d’un retrait du politique qui n’est que partiel. Car le cadre légal, les conditions d’application et le choix même d’ouvrir la voie à un retour de cette substance relèvent toujours d’une décision politique préalable.

L’enjeu dépasse donc la seule procédure. Il touche à la manière dont le pouvoir assume la responsabilité d’un dossier sensible, à la croisée de l’agriculture, de la santé et de l’environnement. Derrière l’argument d’une décision confiée à l’Anses, le débat porte aussi sur la frontière entre expertise scientifique et choix politiques.