Les incendies qui touchent la Gironde et les Landes ravivent le souvenir des mégafeux de 2022 et font écho à celui des Corbières en 2025. Au-delà de l’ampleur des sinistres, ces épisodes montrent une évolution du comportement du feu en France, avec des propagations qui ne concernent plus seulement les massifs forestiers.

En cause, la transformation de certains paysages. D’anciennes terres agricoles laissées à l’abandon deviennent en quelques années des friches très inflammables. Situées à proximité des bois, elles servent alors de relais et permettent aux flammes de progresser plus vite, avec une intensité comparable à celle observée en forêt.

Cette continuité de végétation modifie les zones à risque. Là où les cultures pouvaient autrefois freiner la progression d’un incendie, des espaces désormais embroussaillés favorisent au contraire sa diffusion. Le danger ne se limite donc plus aux seuls secteurs forestiers, mais s’étend à des territoires mixtes, entre agriculture, friches et forêts.

La situation met aussi en lumière les limites de la stratégie française de prévention lorsqu’elle reste centrée sur la forêt stricto sensu. Les feux récents suggèrent qu’il faut désormais prendre en compte l’ensemble des paysages, y compris les plaines agricoles délaissées, pour mieux comprendre et anticiper les incendies de grande ampleur.