L’idée de voir ChatGPT devenir un conseiller spirituel peut sembler paradoxale. On pourrait penser que les personnes croyantes se montrent plus méfiantes envers l’intelligence artificielle dès qu’il s’agit de morale, de religion ou de quête intérieure. Pourtant, les études évoquées vont dans le sens inverse : ce sont justement les croyants qui paraissent les plus disposés à solliciter ces outils pour réfléchir à des questions spirituelles.
Ce constat montre que l’IA ne se limite plus à l’aide pratique ou à la recherche d’informations. Des outils comme ChatGPT entrent désormais dans des domaines très personnels, où l’on cherche habituellement des repères, du sens ou un accompagnement. La frontière entre assistance numérique, dialogue intérieur et conseil moral devient ainsi de plus en plus floue.
Le sujet est analysé par Lionel Obadia, docteur en sociologie, professeur d’anthropologie à l’université de Lyon et titulaire d’une chaire de recherche senior sur le thème « magie et technologies » à l’Institut de France. Son profil éclaire la rencontre entre croyances, pratiques contemporaines et innovations techniques, au moment où l’intelligence artificielle prend place dans des usages inattendus.
Au-delà du cas de ChatGPT, cette évolution souligne la place grandissante des interfaces conversationnelles dans la vie quotidienne. L’attrait de l’IA pour des interrogations spirituelles ou morales ouvre un débat plus large sur le rôle que ces systèmes peuvent prendre dans la recherche de sens, y compris auprès de publics que l’on imaginait plus réservés face à ce type de technologie.