Avec « Tip top », Serge Bozon s’empare du polar pour mieux en bousculer tous les repères. La mort d’un indic, une enquête, des interrogatoires et des scènes d’intimidation installent d’abord un cadre très reconnaissable. Mais le film choisit rapidement le décalage, en exposant les stéréotypes du genre pour mieux les retourner dans un esprit franchement loufoque.
Le résultat prend la forme d’une comédie policière singulière, où le sérieux attendu du film noir laisse place à un burlesque assumé. Plutôt que de suivre une mécanique classique de suspense, « Tip top » semble jouer avec les codes du polar, en soulignant leur artificialité et en transformant l’enquête en terrain d’absurde.
Cette approche donne aussi au film une dimension politique. Le récit tisse des liens inattendus entre la France et l’Algérie, ce qui élargit le propos au-delà du simple mystère criminel. Le burlesque ne sert donc pas seulement à faire rire : il devient un moyen de déplacer le regard sur des thèmes plus larges, sans passer par les formes habituelles du cinéma policier.
Présenté comme un polar gonflé et atypique, « Tip top » se distingue ainsi par son mélange de codes criminels, d’humour déstabilisant et de sous-texte politique. Serge Bozon propose un film qui utilise les apparences du genre pour fabriquer une œuvre plus libre, plus étrange et plus imprévisible que le polar traditionnel.