Une nouvelle analyse suggère que l’Amazonie pourrait relâcher davantage de CO₂ pendant la nuit qu’on ne l’estimait jusqu’ici. Le phénomène n’est pas totalement nouveau : quand la lumière disparaît, la photosynthèse s’arrête et la forêt cesse d’absorber le dioxyde de carbone, tandis que la respiration des plantes et des sols continue. Ce qui change, c’est l’idée qu’une partie de ce rejet nocturne aurait échappé aux instruments de mesure.
Cette possible sous-estimation est importante, car l’Amazonie joue un rôle central dans le cycle du carbone mondial. Si les émissions nocturnes sont plus élevées que prévu, le bilan carbone réel de la forêt tropicale pourrait être moins favorable qu’on ne le pensait. Autrement dit, sa capacité nette à agir comme puits de carbone pourrait devoir être réévaluée.
Le sujet met en lumière les limites des méthodes utilisées pour suivre les échanges de CO₂ entre la forêt et l’atmosphère. Les mesures réalisées dans un environnement aussi vaste et complexe que l’Amazonie peuvent laisser passer certains flux, en particulier lorsque les conditions changent entre le jour et la nuit. Ce type d’angle mort scientifique peut peser sur les calculs globaux.
Au-delà de l’Amazonie, cette révision potentielle intéresse directement les chercheurs qui modélisent le climat. Mieux mesurer la respiration nocturne permettrait d’affiner les estimations sur le rôle réel des grandes forêts dans l’absorption du carbone et de mieux comprendre leur contribution face au réchauffement climatique.