Au Sénégal, une situation inhabituelle rapproche momentanément Pastef et l’APR. À l’approche des élections locales, les deux formations, pourtant adversaires, contestent ensemble le départ de certains de leurs élus vers Kiiraay-Les Patriotes républicains, le parti lancé en juillet par le président Bassirou Diomaye Faye.
Leur point commun est clair: ces changements d’étiquette sont présentés comme une remise en cause du vote des électeurs. En dénonçant la transhumance politique, Pastef comme l’APR estiment que le mandat obtenu dans les urnes ne peut pas être détaché si facilement de l’appartenance politique sous laquelle il a été conquis.
Cette convergence ne signifie pas un rapprochement politique durable entre les deux camps. Elle traduit surtout une inquiétude partagée face aux effets de ces ralliements sur les équilibres locaux, au moment où les prochaines échéances peuvent rebattre les cartes dans plusieurs collectivités.
L’épisode relance ainsi le débat sur la transhumance politique au Sénégal. L’essor d’une nouvelle formation comme Kiiraay-Les Patriotes républicains, capable d’attirer des élus venus de bords opposés, met en lumière les tensions entre liberté de mouvement des responsables politiques et respect de la volonté exprimée par les électeurs.